On
l’aura compris, le web 2.0 est une véritable innovation dans le
monde de la communication et révolutionne véritablement nos
comportements sociaux. S’il offre une quantité de possibilités,
il n’en reste pas moins un outil complexe que l’on ne connaît
qu'encore relativement mal. Mais alors, utiliser un outil que l’on
ne maitrise pas, cela ne constitue-t-il pas un danger ?
En
effet, on nous le dit et je vous le répète, le web 2.0 et ses
différentes facettes peuvent aussi comporter un risque pour
l’utilisateur.
Pour
comprendre les divers enjeux et les différents risques qui en
découlent, je propose de questionner l’essence de ce nouveau mode
de communication et d’interaction sociale.
Il
faut alors se demander ce qui plaît tant, dans cette nouvelle façon
de communiquer, et sur quels principes cette frénésie du « tout
savoir et tout dire, tout de suite », c’est implantée.
Rappelons
nous alors de nos premières expériences du web 2.0, incarnée pour
certains d’entre nous par les sites de « chat ».
Combien
d’heure de combien de vie de jeunes adolescents ont été dévolues
à l’exploitation du légendaire « caramail » ou autre
« msn » ?
Et
en tant que site appartenant à la genèse du web2.0, l’idée des
forums de chat incarne la philosophie du web 2.0, l’idée d’être
en lien et de communiquer en tant réel.
Avec
ce genre de sites, les risques « de premières lignes » sont vite
perçus, identifiés et relayés : derrière un pseudonyme et un
profil se cache n’importe qui, et gare aux abus de confiance. Le
public cible est un public jeune et naïf, d’adolescents, voire
parfois d’enfants, et la prévention contre les délinquants
sexuels devient rapidement une préoccupation importante.
Control
parental – prévention :
Le
chat, cependant, semble extrêmement bien répondre et combler le mal
du siècle : l’isolement. Les jeunes ressentent un besoin toujours
plus intense d’être en lien et de se rendre visible, comme pour
réaffirmer leur individualité et leur refus d’être noyé dans la
masse. Un véritable désir de sortir de cet isolement pour être en
lien avec ses connaissances et contacts est alors affirmé, exprimant
l'envie de faire de nouvelles rencontres, d’élargir son réseau,
de se faire de nouveaux amis, ou, pourquoi pas de trouver l’amour.
Pour ce faire, il faut alors se montrer et non plus se cacher. Les
pseudonymes troquent paisiblement leur place au véritables noms et
prénoms, et les profils s’étoffent de détails tant personnels
que croustillant, puisqu’il faut, dans la masse, être particulier,
captivant et « accrocheur ».
Dans
la même idée, chacun semble passer une part importante de sa vie
sociale sur les réseaux en ligne, pour informer les autres sur sa
vie, mais également s'informer sur celle des autres. Le lien social
change donc de nature, et le rapport virtuel prend une nouvelle
dimension. Cela implique que désormais, les utilisateurs doivent
également gérer leur « identité virtuelle », penser à
l'image qu'elle véhicule, et la protéger, car le vol d'identité
est désormais plus facile que jamais et peut potentiellement avoir
de graves répercutions tant psychologiques que sociales pour la
victime.
Sur
facebook, les photos, vidéos et autre expressions d'états d’âme
se multiplient et se partagent, faisant de chaque « face user » le
rédacteur en ligne de son journal intime ouvert sur le monde.
La
sphère privée prend une toute autre dimension, et ce si rapidement,
que personne ne prend véritablement le temps – a priori - de se
questionner sur les risques que cela implique, directement et
indirectement.
Pourtant,
les questions relatives à la protection de données ne tardent pas à
se poser, et le contrôle échappe petit à petit des mains des
utilisateurs.
Vous
qui avez certainement lu attentivement les nombreuses closes et
conditions d’utilisation de facebook, êtes-vous bien certains
d’avoir saisi vos droits concernant le partage de vos données
personnelles, publiées par vous mêmes ou par d’autres
utilisateurs ? Savez-vous que vos photos deviennent la propriété de
facebook une fois postées ? Avez-vous conscience que certaines des
informations que vous fournissez sont vendues à des entreprises
commerciales afin qu'elles puissent mieux cibler votre profil de
consommateur et ainsi vous proposer directement des offres
susceptibles de davantage vous intéresser ?
Ainsi
donc, sphère privée et sphère public, se confondent et
s’entremêlent, avec pour conséquence une perte de propriété sur
des données personnelles.
Les différents site sociaux sont également devenu une source de données simple d’utilisation, complète et efficace utile aux recruteurs, employeurs ou même service gouvernementaux. Il est donc clair qu’il devient impératif de surveiller son image, car n’importe quelle vidéo postée aujourd’hui, peut potentiellement devenir un fardeau demain.
Cela
est d’autant plus vrai lorsque l’on sait que sur la toile, rien
ne disparaît jamais vraiment, et que si le « droit à l’oubli »
prend naturellement sa place au sein des mémoires collectives, il en
sera différemment avec le web 2.0.
Ainsi,
ces outils intéressant peuvent également devenir des pièges par
lequel les utilisateurs se sentent traqués, et plutôt que de
favoriser la mise en lien, ils peuvent véritablement isoler.
Le
buzz est un exemple particulièrement parlant de ce paradoxe
délicat : s'il permet beaucoup de belles choses, comme de par
exemple lancer de jeunes artistes, il peut également être un
fardeau très lourd à porter lorsqu'il est le résultat d'une
raillerie à échelle internationale, devenant ainsi
un « anti-buzz ». L'anti-buzz, véritable lynchage
médiatique, plus que douloureux, peut parfois avoir des conséquences
tragiques sur la santé mentale et plus largement sur « la vie
normale » pour qui est l'objet de la moquerie.
Là encore, le droit est inefficace, car ces phénomène sont jeunes, et l'évolution des législations lente, ce qui fait que finalement, aucune véritable protection ne couvre les utilisateurs qui changeraient d'avis et qui voudraient redevenir maître de leur droit à l'image.
La
seule solution pour correctement se protéger semble donc de toujours
bien réfléchir à ce qui est posté en ligne, qu'il s'agisse de
vidéos, de photos ou de paroles, car poster, c'est se déposséder.
Et ce, rappelons le, dans un contexte ou le droit à l'oubli n'existe
plus. Réfléchir donc, a l'implication immédiate mais future
également, car nul ne sait de quoi sera fait demain.
Pour
les animateurs socioculturels, cela prend tout son sens lorsque nous
pensons à l'importance pour les professionnels de la branche de
bénéficier d'un réseau solide, auprès duquel il apparaît comme
crédible et fiable.
Il est vrai que l'essentiel du travail que défend l'animateur socioculturel est possible grâce aux ressources dont celui-ci bénéficie, et parce qu'il peut nouer des rapports de confiances, tant avec les bénéficiaires qu'avec ses partenaires. Dans un tel contexte, il se doit de protéger son identité virtuelle, car elle est souvent la première fenêtre ouverte sur lui, et donc sur les projets dont il est le défenseur







