mercredi 21 mars 2012

Les risques et dangers du web 2.0








On l’aura compris, le web 2.0 est une véritable innovation dans le monde de la communication et révolutionne véritablement nos comportements sociaux. S’il offre une quantité de possibilités, il n’en reste pas moins un outil complexe que l’on ne connaît qu'encore relativement mal. Mais alors, utiliser un outil que l’on ne maitrise pas, cela ne constitue-t-il pas un danger ?
En effet, on nous le dit et je vous le répète, le web 2.0 et ses différentes facettes peuvent aussi comporter un risque pour l’utilisateur.

Pour comprendre les divers enjeux et les différents risques qui en découlent, je propose de questionner l’essence de ce nouveau mode de communication et d’interaction sociale.
Il faut alors se demander ce qui plaît tant, dans cette nouvelle façon de communiquer, et sur quels principes cette frénésie du « tout savoir et tout dire, tout de suite », c’est implantée.
Rappelons nous alors de nos premières expériences du web 2.0, incarnée pour certains d’entre nous par les sites de « chat ».
Combien d’heure de combien de vie de jeunes adolescents ont été dévolues à l’exploitation du légendaire « caramail » ou autre « msn » ?
Et en tant que site appartenant à la genèse du web2.0, l’idée des forums de chat incarne la philosophie du web 2.0, l’idée d’être en lien et de communiquer en tant réel.

Avec ce genre de sites, les risques « de premières lignes » sont vite perçus, identifiés et relayés : derrière un pseudonyme et un profil se cache n’importe qui, et gare aux abus de confiance. Le public cible est un public jeune et naïf, d’adolescents, voire parfois d’enfants, et la prévention contre les délinquants sexuels devient rapidement une préoccupation importante.

Control parental – prévention :



Voir une fiction émouvante, TRUST :

Le chat, cependant, semble extrêmement bien répondre et combler le mal du siècle : l’isolement. Les jeunes ressentent un besoin toujours plus intense d’être en lien et de se rendre visible, comme pour réaffirmer leur individualité et leur refus d’être noyé dans la masse. Un véritable désir de sortir de cet isolement pour être en lien avec ses connaissances et contacts est alors affirmé, exprimant l'envie de faire de nouvelles rencontres, d’élargir son réseau, de se faire de nouveaux amis, ou, pourquoi pas de trouver l’amour. Pour ce faire, il faut alors se montrer et non plus se cacher. Les pseudonymes troquent paisiblement leur place au véritables noms et prénoms, et les profils s’étoffent de détails tant personnels que croustillant, puisqu’il faut, dans la masse, être particulier, captivant et « accrocheur ».
Dans la même idée, chacun semble passer une part importante de sa vie sociale sur les réseaux en ligne, pour informer les autres sur sa vie, mais également s'informer sur celle des autres. Le lien social change donc de nature, et le rapport virtuel prend une nouvelle dimension. Cela implique que désormais, les utilisateurs doivent également gérer leur « identité virtuelle », penser à l'image qu'elle véhicule, et la protéger, car le vol d'identité est désormais plus facile que jamais et peut potentiellement avoir de graves répercutions tant psychologiques que sociales pour la victime.



Sur facebook, les photos, vidéos et autre expressions d'états d’âme se multiplient et se partagent, faisant de chaque « face user » le rédacteur en ligne de son journal intime ouvert sur le monde.
La sphère privée prend une toute autre dimension, et ce si rapidement, que personne ne prend véritablement le temps – a priori - de se questionner sur les risques que cela implique, directement et indirectement.
Pourtant, les questions relatives à la protection de données ne tardent pas à se poser, et le contrôle échappe petit à petit des mains des utilisateurs.
Vous qui avez certainement lu attentivement les nombreuses closes et conditions d’utilisation de facebook, êtes-vous bien certains d’avoir saisi vos droits concernant le partage de vos données personnelles, publiées par vous mêmes ou par d’autres utilisateurs ? Savez-vous que vos photos deviennent la propriété de facebook une fois postées ? Avez-vous conscience que certaines des informations que vous fournissez sont vendues à des entreprises commerciales afin qu'elles puissent mieux cibler votre profil de consommateur et ainsi vous proposer directement des offres susceptibles de davantage vous intéresser ?
Ainsi donc, sphère privée et sphère public, se confondent et s’entremêlent, avec pour conséquence une perte de propriété sur des données personnelles.



Les différents site sociaux sont également devenu une source de données simple d’utilisation, complète et efficace utile aux recruteurs, employeurs ou même service gouvernementaux. Il est donc clair qu’il devient impératif de surveiller son image, car n’importe quelle vidéo postée aujourd’hui, peut potentiellement devenir un fardeau demain.
Cela est d’autant plus vrai lorsque l’on sait que sur la toile, rien ne disparaît jamais vraiment, et que si le « droit à l’oubli » prend naturellement sa place au sein des mémoires collectives, il en sera différemment avec le web 2.0.
Ainsi, ces outils intéressant peuvent également devenir des pièges par lequel les utilisateurs se sentent traqués, et plutôt que de favoriser la mise en lien, ils peuvent véritablement isoler.


Le buzz est un exemple particulièrement parlant de ce paradoxe délicat : s'il permet beaucoup de belles choses, comme de par exemple lancer de jeunes artistes, il peut également être un fardeau très lourd à porter lorsqu'il est le résultat d'une raillerie à échelle internationale, devenant ainsi un « anti-buzz ». L'anti-buzz, véritable lynchage médiatique, plus que douloureux, peut parfois avoir des conséquences tragiques sur la santé mentale et plus largement sur « la vie normale » pour qui est l'objet de la moquerie.

Citons ici le cas de Ghyslain Raza et Amandine du 38:
http://www.youtube.com/watch?v=9bVpsnMMS7A

Là encore, le droit est inefficace, car ces phénomène sont jeunes, et l'évolution des législations lente, ce qui fait que finalement, aucune véritable protection ne couvre les utilisateurs qui changeraient d'avis et qui voudraient redevenir maître de leur droit à l'image.

La seule solution pour correctement se protéger semble donc de toujours bien réfléchir à ce qui est posté en ligne, qu'il s'agisse de vidéos, de photos ou de paroles, car poster, c'est se déposséder. Et ce, rappelons le, dans un contexte ou le droit à l'oubli n'existe plus. Réfléchir donc, a l'implication immédiate mais future également, car nul ne sait de quoi sera fait demain.
Pour les animateurs socioculturels, cela prend tout son sens lorsque nous pensons à l'importance pour les professionnels de la branche de bénéficier d'un réseau solide, auprès duquel il apparaît comme crédible et fiable.


Il est vrai que l'essentiel du travail que défend l'animateur socioculturel est possible grâce aux ressources dont celui-ci bénéficie, et parce qu'il peut nouer des rapports de confiances, tant avec les bénéficiaires qu'avec ses partenaires. Dans un tel contexte, il se doit de protéger son identité virtuelle, car elle est souvent la première fenêtre ouverte sur lui, et donc sur les projets dont il est le défenseur





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