L'effort
de définition de l'animation socioculturelle s'avère être un
périlleux exercice pour les professionnels eux-même, qui souhaitent rendre visible leur profession et les finalités et valeurs qu'elle
sous-tend. Il est particulièrement intéressant, avec la définition
que nous vous avons présenté dans l'article d'introduction, de
considérer comment cette profession est perçue et présentée par
le grand public.
Car
si Wikipédia correspond certes à une encyclopédie, elle se
différencie cependant par sa forme. Il s'agit en effet d'un wiki,
c'est à dire d'une ressource en ligne dont les pages et définitions
sont co-écrites par les internautes et « dont les pages sont
modifiables par les visiteurs afin de permettre l'écriture et
l'illustration collaboratives des documents numériques » (wikipédia
: http://fr.wikipedia.org/wiki/Wiki)
Ainsi,
cet outil appartenant au web 2.0 nous permet de prendre conscience
et de connaître la perception de notre profession. Selon la
définition, nous comprenons donc que parmi d'autres aspects, une
constituante fondamentale identifiée dans l'animation sociocuturelle
s'articule autour du la mise en lien. En effet, selon l'article posté
sur la ressource en ligne «sa spécificité réside dans le fait que
les participants établissent entre eux des rapports dont découlent
pour eux des bénéfices : l'activité elle-même, le développement
personnel et le renforcement de leur réseau de sociabilité.
L'animation
socioculturelle permet donc le développement des relations sociales
de ceux qui y participent et l'augmentation de leur autonomie.»
Cet
article propose donc de traiter de cet aspect particulier de la
profession, de cette mise en lien exercée par l'animateur, avec pour
conséquence le développement des relations sociales et du
renforcement des réseaux de sociabilités. Il est alors intéressant
de réaliser l'importance que peut prendre le web 2.0 dans ce mandat
et quel outil tant efficace que professionnel il peut s'avérer
devenir pour tout animateur socioculturel qui sache le manier en
tenant compte de ses différentes possibilités, ressources et
limites.
S'il
parait difficile de faire un catalogue exhaustif des différentes
possibilités qu'offre le web 2.0 de créer des réseaux, je pense
intéressant, ici, de se pencher sur les formes participatives et les
démarches communautaires qui ont abouti à la création de
plateformes de ressources en ligne.
D'un
côté, il y a donc, l’inépuisable offre des divers outils
collaboratifs :
Cette
catégorie recouvre tous :
- les outils de communication de base (exemple : messagerie, chat, messagerie instantanée, etc.)
- les outils de travail partagé (exemple : édition partagée, forums, etc.)
- les outils de "Knowledge Management" (gestion de la connaissance, traduit grossièrement). Par exemple ; les bibliothèques, les wikis, les FAQ, etc.
- les outils de workflow (flux de travail). Par exemple, les outils de gestion de projet ou les agendas partagés.1
En
fait, si cette catégorie d'outils répond effectivement à un besoin
d'être en lien et facilite le travail des collectivités et très
certainement de l'animateur socioculturel (notamment par les outils
du workflow), elle résulte cependant d'avantage d'une volonté
d'organiser et de dynamiser le travail d'équipe, et correspond bien
souvent, à l'ensemble du réseau intranet des différents groupes de
travail, au sein de l'institution, de l'entreprise voire de l'espace
public.
D'un autre côté,
il y a alors tout une autre catégorie de plateformes qui répondent précisément à cette exigence de se mettre en lien pour accroître le « potentiel social » de chacun et ainsi garantir un plus grand accès à différentes ressources, en renforçant les réseaux, en développant les relations sociales et la solidarité.
D'un autre côté,
il y a alors tout une autre catégorie de plateformes qui répondent précisément à cette exigence de se mettre en lien pour accroître le « potentiel social » de chacun et ainsi garantir un plus grand accès à différentes ressources, en renforçant les réseaux, en développant les relations sociales et la solidarité.
C'est
dans cet esprit que se sont développées les différentes
plateformes sociales d'échange en ligne de tous types de services et
de biens.
J'ai
choisi de vous présenter un échantillon de ces plateformes, en
sélectionnant deux que je connais et affectionne particulièrement :
SEL suisse
Qu'est ce que c'est ? :
« Le
Système d’Echanges Local [(SEL) est une association qui] organise
de manière souple et conviviale les échanges locaux de services, de
compétences et de biens. Il coordonne des offres et des demandes,
permet aux gens de se rencontrer dans un réseau et valorise des
savoir-faire. (...)
Les
initiateurs [du SEL] cherchaient
une manière de réinsérer dans la vie économique des personnes
laissées pour compte. Il s’agissait de permettre à tous d’accéder
à un certain nombre de services, malgré la pauvreté et le chômage,
de revaloriser les compétences de chacun et de renforcer le lien
social. » (http://www.sel-suisse.ch/index.php)
L'origine
du premier SEL est due à l'impulsion de l’« Alliance paysans –
écologistes – consommateurs »2,
association regroupant des organisations d'agriculteurs, de
consommateurs, d'environnementalistes et ayant pour objectif la
promotion d'« une
agriculture respectueuse de l'environnement, des territoires, des
hommes et de favoriser le développement des productions de qualité
reflétant la diversité des terroirs et la variété des
savoir-faire ».(http://alliancepec.free.fr/)
L'Alliance,
outre ce projet de plateforme, est à l’origine de divers projets
dont, notamment, de la distribution de paniers de légumes.
Grace
à l'association, les agriculteurs ont, dès l'origine du mouvement
associatif, bénéficié d'une plus grande garantie d'écouler leur
production, avec en parallèle, une possibilité pour les chômeurs
d'avoir accès à une alimentation de qualité, contre des services
rendus. « Des personnes, à l’assistance depuis longtemps,
purent valoriser des compétences et retrouvèrent une vie sociale
bien remplie. Les voisins firent connaissance et un véritable réseau
prit naissance. » (http://www.sel-suisse.ch/index.php)
Aujourd'hui,
cette solidarité s'est élargie et s'applique outre le domaine de
l'agriculture. Ainsi, pour toutes sortes d'activités et d'échanges
s'effectuent et s'organisent via le net.
Leurs
valeurs :
« La
convivialité et la solidarité sont très importantes dans les
systèmes d’échanges locaux. L’association SEL favorise les
contacts entre ses adhérents. Elle propose diverses activités,
assemblées, fêtes, repas, pique-niques et autres, qui donnent aux
membres l’occasion de se rencontrer.
Echanger, c’est aussi développer la solidarité, découvrir l’autre, entrer en contact avec cette personne que nous croisons chaque matin et à laquelle nous disons seulement bonjour. C’est apprendre à la connaître, découvrir ses compétences, lui demander un service, lui offrir les siens. Proposer ses services c’est aussi prendre conscience que chacun de nous a des compétences et que ces compétences nous pouvons les mettre à disposition des autres et de la collectivité. » (http://www.sel-suisse.ch/index.php)
Echanger, c’est aussi développer la solidarité, découvrir l’autre, entrer en contact avec cette personne que nous croisons chaque matin et à laquelle nous disons seulement bonjour. C’est apprendre à la connaître, découvrir ses compétences, lui demander un service, lui offrir les siens. Proposer ses services c’est aussi prendre conscience que chacun de nous a des compétences et que ces compétences nous pouvons les mettre à disposition des autres et de la collectivité. » (http://www.sel-suisse.ch/index.php)
Ils en parlent :
« Basé
sur le principe d’échanges de services, le S.E.L a également pour
objectif de tisser du lien social ainsi que de favoriser les
rencontres et la solidarité entre nos citoyens.
Aide
en peinture, en jardinage, en cuisine, en couture, en informatique,
échange de légumes, de fruits, de vêtements, … sont autant de
petits services qui peuvent être partagés. »
http://leblogdefred.be/2011/11/09/s-e-l-systeme-dechange-local/
Qu'est ce que c'est ? :
Couchsurfing
est une site de rencontre pour les voyageurs, grâce auquel il est
possible à tout "backpacker" de trouver une « couch »,
autrement dit, un canap', bref un lieu pour dormir.
Mais
en réalité, la philosophie n'est pas tant de trouver un endroit
gratuit pour dormir mais bel et bien d'ouvrir le monde, de le rendre
accessible, et de favoriser la rencontre entre voyageurs et locaux,
entre cultures, et ou chacun peut découvrir l'autre.
Le
couchsurfing est une communauté et un mouvement, c'est une nouvelle
manière d'envisager le voyage et les rapports humains.
Au
sein de la communauté, il y a rencontre entre les hôtes – qui
offre une petite place de leur chez eux pour accueillir un voyageur-
et les voyageurs qui cherche une autre façon de découvrir une ville
ou une région. En fait, l'échange se fait bien souvent au delà du
simple logement : l'hôte se propose très souvent de faire
découvrir sa région, avec ses particularités, ses moeurs et
coutumes.
Il
y a aussi, chez les couchsurfeurs, des membres qui ne sont pas en
mesure d'offrir une place chez eux, ou de voyager, mais ils ont
cependant un rôle à jouer, il peuvent se proposer disponible sur
leur profil pour « prendre un caffé » et permettre ainsi
au voyageurs, de rencontrer « des locaux » d'avoir une
personne de contact là ou ils arrivent.
Le
site met également à disposition des forums où des groupes
s'organisent en fonction d'intérêts ou d'évènements.
Le
couchsurfing permet donc la mise en lien, facilite les rencontres et
encourage les échanges.
Leurs valeurs :
« Si
suffisamment d'entre nous bénéficiaient de ce genre d'expériences,
nous pourrions peut être commencer à vivre dans un monde ou les gens
se sentent plus en connexion, magrés leurs différences. Ces
connexions nous aident à apprécier la diversité et à construire
une communauté globale qui est inspirée à rechercher l'harmonie
lorsque les conflits surgissent »
( traduit de l'anglais tiré de http://www.couchsurfing.org/about.html/mission)
( traduit de l'anglais tiré de http://www.couchsurfing.org/about.html/mission)
Ils
en parlent :
Dans le même genre, homelink, site et réseau en ligne d'échange de maison
Ces
sites sont basés sur une certaine conception du lien social et sur la
solidarité. Avec l'aide de ce genre de plateforme, les utilisateurs
se voient offrir de nouvelles possibilités, en repoussant le domaine
de l'impossible, par une multiplication de leur ressource et une
augmentation de leur pouvoir d'action, grâce à l'incroyable réseau
dont ils font désormais partie.
S'il
est vrai qu'à l'heure de la mondialisation, la question du « vivre
ensemble » se repose, avec un rythme de vie toujours plus
frénétique et des tendances individualistes qui en découlent, il
semble cependant qu'en parallèle de certaines complexifications de
la cohabitation parfois décriées, s'inscrit une autre vision, celle
d'une appartenance commune à un certain « village global ».
Ainsi, co-construire, partager, échanger semblent autant de façons
d'incarner ce nouveau « vivre ensemble » et de
requestionner en permanence la solidarité et le lien qui nous unit.
Si
les exemples présentés dans cet article ne sont pas spécialement
initiés par des animateurs socioculturels, il n'en reste pas moins
qu'il s'inscrivent précisément dans les finalités de l'action
professionnelles de ces derniers. Ainsi, pourrait-ont dire, l'idéal
visé est atteint, puisque l'autonomie tant prônée pour les
bénéficiaires, s'est instaurée d'elle même et naturellement. Je
pense que les futurs professionnels que nous sommes, avons pour
exigence de nous représenter le potentiel de tels sites de partage afin
de pouvoir y recourir, ou/et pourquoi pas, s'en inspirer pour la
création d'outils de travail, avec et pour nos « clients ».
Ils sont, en outres, une illustration exemplaire de participation et
d'action collective.
Joëlle
Joëlle
1http://ser-info-02.ec-nantes.fr/users/info3/weblog/f2380/Panorama_des_outils_de_travail_collaboratif__definition_et_grands_types.html






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