mercredi 4 avril 2012

Le web 2.0 – une nouvelle possibilité de créer des réseaux de ressources

L'effort de définition de l'animation socioculturelle s'avère être un périlleux exercice pour les professionnels eux-même, qui souhaitent rendre visible leur profession et les finalités et valeurs qu'elle sous-tend. Il est particulièrement intéressant, avec la définition que nous vous avons présenté dans l'article d'introduction, de considérer comment cette profession est perçue et présentée par le grand public.
Car si Wikipédia correspond certes à une encyclopédie, elle se différencie cependant par sa forme. Il s'agit en effet d'un wiki, c'est à dire d'une ressource en ligne dont les pages et définitions sont co-écrites par les internautes et « dont les pages sont modifiables par les visiteurs afin de permettre l'écriture et l'illustration collaboratives des documents numériques » (wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Wiki)



Ainsi, cet outil appartenant au web 2.0 nous permet de prendre conscience et de connaître la perception de notre profession. Selon la définition, nous comprenons donc que parmi d'autres aspects, une constituante fondamentale identifiée dans l'animation sociocuturelle s'articule autour du la mise en lien. En effet, selon l'article posté sur la ressource en ligne «sa spécificité réside dans le fait que les participants établissent entre eux des rapports dont découlent pour eux des bénéfices : l'activité elle-même, le développement personnel et le renforcement de leur réseau de sociabilité.
L'animation socioculturelle permet donc le développement des relations sociales de ceux qui y participent et l'augmentation de leur autonomie.»

Cet article propose donc de traiter de cet aspect particulier de la profession, de cette mise en lien exercée par l'animateur, avec pour conséquence le développement des relations sociales et du renforcement des réseaux de sociabilités. Il est alors intéressant de réaliser l'importance que peut prendre le web 2.0 dans ce mandat et quel outil tant efficace que professionnel il peut s'avérer devenir pour tout animateur socioculturel qui sache le manier en tenant compte de ses différentes possibilités, ressources et limites.




S'il parait difficile de faire un catalogue exhaustif des différentes possibilités qu'offre le web 2.0 de créer des réseaux, je pense intéressant, ici, de se pencher sur les formes participatives et les démarches communautaires qui ont abouti à la création de plateformes de ressources en ligne.

D'un côté, il y a donc, l’inépuisable offre des divers outils collaboratifs :
Cette catégorie recouvre tous :
  • les outils de communication de base (exemple : messagerie, chat, messagerie instantanée, etc.)
  • les outils de travail partagé (exemple : édition partagée, forums, etc.)
  • les outils de "Knowledge Management" (gestion de la connaissance, traduit grossièrement). Par exemple ; les bibliothèques, les wikis, les FAQ, etc.
  • les outils de workflow (flux de travail). Par exemple, les outils de gestion de projet ou les agendas partagés.1
En fait, si cette catégorie d'outils répond effectivement à un besoin d'être en lien et facilite le travail des collectivités et très certainement de l'animateur socioculturel (notamment par les outils du workflow), elle résulte cependant d'avantage d'une volonté d'organiser et de dynamiser le travail d'équipe, et correspond bien souvent, à l'ensemble du réseau intranet des différents groupes de travail, au sein de l'institution, de l'entreprise voire de l'espace public.


D'un autre côté
il y a alors tout une autre catégorie de plateformes qui répondent précisément à cette exigence de se mettre en lien pour accroître le « potentiel social » de chacun et ainsi garantir un plus grand accès à différentes ressources, en renforçant les réseaux, en développant les relations sociales et la solidarité.

C'est dans cet esprit que se sont développées les différentes plateformes sociales d'échange en ligne de tous types de services et de biens.
J'ai choisi de vous présenter un échantillon de ces plateformes, en sélectionnant deux que je connais et affectionne particulièrement :
  • SEL suisse


Qu'est ce que c'est ? :


« Le Système d’Echanges Local [(SEL) est une association qui] organise de manière souple et conviviale les échanges locaux de services, de compétences et de biens. Il coordonne des offres et des demandes, permet aux gens de se rencontrer dans un réseau et valorise des savoir-faire. (...)
Les initiateurs [du SEL] cherchaient une manière de réinsérer dans la vie économique des personnes laissées pour compte. Il s’agissait de permettre à tous d’accéder à un certain nombre de services, malgré la pauvreté et le chômage, de revaloriser les compétences de chacun et de renforcer le lien social. » (http://www.sel-suisse.ch/index.php)
L'origine du premier SEL est due à l'impulsion de l’« Alliance paysans – écologistes – consommateurs »2, association regroupant des organisations d'agriculteurs, de consommateurs, d'environnementalistes et ayant pour objectif la promotion d'« une agriculture respectueuse de l'environnement, des territoires, des hommes et de favoriser le développement des productions de qualité reflétant la diversité des terroirs et la variété des savoir-faire ».(http://alliancepec.free.fr/) L'Alliance, outre ce projet de plateforme, est à l’origine de divers projets dont, notamment, de la distribution de paniers de légumes.
Grace à l'association, les agriculteurs ont, dès l'origine du mouvement associatif, bénéficié d'une plus grande garantie d'écouler leur production, avec en parallèle, une possibilité pour les chômeurs d'avoir accès à une alimentation de qualité, contre des services rendus. « Des personnes, à l’assistance depuis longtemps, purent valoriser des compétences et retrouvèrent une vie sociale bien remplie. Les voisins firent connaissance et un véritable réseau prit naissance. » (http://www.sel-suisse.ch/index.php)
Aujourd'hui, cette solidarité s'est élargie et s'applique outre le domaine de l'agriculture. Ainsi, pour toutes sortes d'activités et d'échanges s'effectuent et s'organisent via le net.
Leurs valeurs :
« La convivialité et la solidarité sont très importantes dans les systèmes d’échanges locaux. L’association SEL favorise les contacts entre ses adhérents. Elle propose diverses activités, assemblées, fêtes, repas, pique-niques et autres, qui donnent aux membres l’occasion de se rencontrer.
Echanger, c’est aussi développer la solidarité, découvrir l’autre, entrer en contact avec cette personne que nous croisons chaque matin et à laquelle nous disons seulement bonjour. C’est apprendre à la connaître, découvrir ses compétences, lui demander un service, lui offrir les siens. Proposer ses services c’est aussi prendre conscience que chacun de nous a des compétences et que ces compétences nous pouvons les mettre à disposition des autres et de la collectivité. » (http://www.sel-suisse.ch/index.php)

Ils en parlent :

« Basé sur le principe d’échanges de services, le S.E.L a également pour objectif de tisser du lien social ainsi que de favoriser les rencontres et la solidarité entre nos citoyens.
Aide en peinture, en jardinage, en cuisine, en couture, en informatique, échange de légumes, de fruits, de vêtements, … sont autant de petits services qui peuvent être partagés. »
http://leblogdefred.be/2011/11/09/s-e-l-systeme-dechange-local/

  • Couchsurfing



Qu'est ce que c'est ? :

Couchsurfing est une site de rencontre pour les voyageurs, grâce auquel il est possible à tout "backpacker" de trouver une « couch », autrement dit, un canap', bref un lieu pour dormir.
Mais en réalité, la philosophie n'est pas tant de trouver un endroit gratuit pour dormir mais bel et bien d'ouvrir le monde, de le rendre accessible, et de favoriser la rencontre entre voyageurs et locaux, entre cultures, et ou chacun peut découvrir l'autre.
Le couchsurfing est une communauté et un mouvement, c'est une nouvelle manière d'envisager le voyage et les rapports humains.
Au sein de la communauté, il y a rencontre entre les hôtes – qui offre une petite place de leur chez eux pour accueillir un voyageur- et les voyageurs qui cherche une autre façon de découvrir une ville ou une région. En fait, l'échange se fait bien souvent au delà du simple logement : l'hôte se propose très souvent de faire découvrir sa région, avec ses particularités, ses moeurs et coutumes.
Il y a aussi, chez les couchsurfeurs, des membres qui ne sont pas en mesure d'offrir une place chez eux, ou de voyager, mais ils ont cependant un rôle à jouer, il peuvent se proposer disponible sur leur profil pour « prendre un caffé » et permettre ainsi au voyageurs, de rencontrer « des locaux » d'avoir une personne de contact là ou ils arrivent.
Le site met également à disposition des forums où des groupes s'organisent en fonction d'intérêts ou d'évènements.
Le couchsurfing permet donc la mise en lien, facilite les rencontres et encourage les échanges.

Leurs valeurs :

« Si suffisamment d'entre nous bénéficiaient de ce genre d'expériences, nous pourrions peut être commencer à vivre dans un monde ou les gens se sentent plus en connexion, magrés leurs différences. Ces connexions nous aident à apprécier la diversité et à construire une communauté globale qui est inspirée à rechercher l'harmonie lorsque les conflits surgissent » 
( traduit de l'anglais tiré de http://www.couchsurfing.org/about.html/mission)



Ils en parlent :


Dans le même genre, homelink, site et réseau en ligne d'échange de maison

Ces sites sont basés sur une certaine conception du lien social et sur la solidarité. Avec l'aide de ce genre de plateforme, les utilisateurs se voient offrir de nouvelles possibilités, en repoussant le domaine de l'impossible, par une multiplication de leur ressource et une augmentation de leur pouvoir d'action, grâce à l'incroyable réseau dont ils font désormais partie.

S'il est vrai qu'à l'heure de la mondialisation, la question du « vivre ensemble » se repose, avec un rythme de vie toujours plus frénétique et des tendances individualistes qui en découlent, il semble cependant qu'en parallèle de certaines complexifications de la cohabitation parfois décriées, s'inscrit une autre vision, celle d'une appartenance commune à un certain « village global ». Ainsi, co-construire, partager, échanger semblent autant de façons d'incarner ce nouveau « vivre ensemble » et de requestionner en permanence la solidarité et le lien qui nous unit.

Si les exemples présentés dans cet article ne sont pas spécialement initiés par des animateurs socioculturels, il n'en reste pas moins qu'il s'inscrivent précisément dans les finalités de l'action professionnelles de ces derniers. Ainsi, pourrait-ont dire, l'idéal visé est atteint, puisque l'autonomie tant prônée pour les bénéficiaires, s'est instaurée d'elle même et naturellement. Je pense que les futurs professionnels que nous sommes, avons pour exigence de nous représenter le potentiel de tels sites de partage afin de pouvoir y recourir, ou/et pourquoi pas, s'en inspirer pour la création d'outils de travail, avec et pour nos « clients ». Ils sont, en outres, une illustration exemplaire de participation et d'action collective.




Joëlle

1http://ser-info-02.ec-nantes.fr/users/info3/weblog/f2380/Panorama_des_outils_de_travail_collaboratif__definition_et_grands_types.html
2http://alliancepec.free.fr/



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